Où sont les influenceurs scientifiques belges ?

Joëlle Kapompole • 29 août 2024

Quelques réflexions sur la création de contenu scientifique en Belgique...

Dans un monde où les réseaux sociaux sont devenus une fenêtre sur la connaissance et l’information, les influenceurs jouent un rôle clé en tant que passeurs de savoirs. Ils peuvent inspirer les jeunes à suivre des carrières scientifiques en rendant les sciences accessibles, intéressantes, et même divertissantes. 


Pour les éditions universitaires de l’UMONS, cette mission est primordiale : susciter chez les plus jeunes le désir de se lancer dans les études scientifiques. Mais alors, existe-t-il des influenceurs belges spécialisés dans la culture scientifique ? Et si oui, comment se positionnent-ils dans ce paysage digital ?


Le paysage des influenceurs scientifiques en Belgique

Aux États-Unis, une personnalité comme Neil deGrasse Tyson (65 ans et 2 millions de followers sur Instagram) fait figure de pionnier. En France, Ben Benamran, le créateur de la chaine Youtube e-penser ainsi que Léo Grasset de Dirty Biology sont désormais bien établis. Et malheureusement, la Belgique reste encore très (trop ?) discrète sur la scène des influenceurs scientifiques. Pourtant, nos talents sont nombreux et plusieurs créateurs de contenu, bien que parfois moins médiatisés, contribuent activement à la vulgarisation scientifique dans le Royaume.


Les vulgarisateurs sur YouTube : En Belgique, YouTube reste une plateforme de choix pour la diffusion de contenus scientifiques avec des chaînes qui proposent du contenu critique et scientifique et permettent d’accéder à des sujets complexes de manière ludique. Ces créateurs, bien que parfois perçus comme niches, atteignent un public varié, y compris de jeunes étudiants.



Les podcasts scientifiques : Le format podcast a également séduit un public jeune et curieux. Des initiatives comme Podcast Science, bien que d'origine francophone, comptent parmi leurs contributeurs des voix belges. Ces podcasts traitent de thèmes aussi divers que l’astrophysique, la biologie ou encore la psychologie, en rendant ces sujets accessibles au plus grand nombre.


Les comptes Instagram et TikTok : Plus récemment, des comptes Instagram et TikTok ont vu le jour, utilisant le format court pour capter l’attention des jeunes sur des sujets scientifiques. J'avoue que j'aimerais y trouver plus de noms en provenance de nos universités belges. 


Pourquoi si peu de figures emblématiques ?

On pourrait citer les facteurs suivants pour  expliquer pourquoi la Belgique ne regorge pas d’influenceurs scientifiques aussi populaires que dans d'autres pays :


  • Le marché linguistique : La Belgique, avec ses communautés linguistiques distinctes (francophone, néerlandophone, germanophone), peut rendre plus difficile la création d'une audience large et unifiée.


  • Les financements et les soutiens institutionnels : Les créateurs de contenu scientifique ont souvent besoin de soutien financier et institutionnel pour produire du contenu de qualité. En Belgique, ces soutiens sont parfois moins visibles ou moins accessibles que dans d'autres pays.


  • La perception de la science : La culture scientifique en Belgique, bien que respectée, peut être perçue comme moins « glamour » ou accessible que dans d'autres régions du monde. Les sciences sont parfois vues comme un domaine académique réservé à une élite, ce qui peut freiner l’engouement vers une vulgarisation contribuant à une plus grande diffusion.


Comment encourager le développement des influenceurs scientifiques en Belgique ?


Voici quelques pistes qui peuvent être explorées :


  • Soutenir les créateurs émergents : En mettant en lumière les jeunes talents et en leur offrant des plateformes pour partager leur contenu, les institutions comme l’UMONS peuvent jouer un rôle clé dans la diffusion de la culture scientifique.


  • Favoriser les collaborations transfrontalières : En s'associant avec des influenceurs scientifiques d'autres pays, les créateurs belges peuvent bénéficier d'une visibilité accrue et d'une audience élargie.


  • Utiliser les réseaux locaux : Les réseaux d'étudiants, d'enseignants et d'universitaires peuvent servir de relais pour promouvoir des initiatives locales de vulgarisation scientifique.


Conclusion

Bien que la Belgique ne soit pas encore une terre fertile en influenceurs scientifiques de renommée mondiale, elle possède un potentiel inexploité. Pour susciter l'envie chez les jeunes de se lancer dans les études scientifiques, il me semble intéressant de soutenir et de valoriser ces créateurs de contenu. En leur offrant des plateformes d’expression et en favorisant les échanges, les institutions académiques peuvent non seulement enrichir le paysage médiatique belge, mais aussi contribuer à éveiller des vocations scientifiques chez les nouvelles générations.



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